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22 juin 2013

Tahiti est chez lui au Brésil

Tahiti est chez lui au Brésil

Jamais une équipe de football autre que la Seleção n’avait suscité autant de sympathie que Tahiti sur le territoire auriverde. Il faut entendre le vacarme déclenché par le public à chacune des actions océaniennes, au moindre geste technique tahitien, au moindre arrêt de Mikaël Roche le portier des insulaires, pour comprendre l’ampleur du phénomène. Au Maracanã de Rio Janeiro, ce 19 juin, contre l’Espagne (10:0), les Toa Aito étaient dans leur jardin.

"Cela nous fait chaud au cœur de sentir ce soutien du public. La chaleur avec laquelle ils nous ont reçus est vraiment incroyable. On nous avait prévenus mais c’est encore mieux que ce que nous avions imaginé", raconte au micro de FIFA.com l’arrière latéral Vincent Simon. "Je ne comprends pas ce soutien. On se demande un peu tous ce qui nous arrive, on est un peu sonné. C’est incroyable d’avoir droit à tout cela alors que nous sommes une équipe d’inconnus. On a parfois l’impression de ne pas mériter tout ça. Entendre tout ce stade nous soutenir dans la défaite, c’est surréaliste", enchaîne Roche.

Évidemment, le statut de challenger de l’équipe d’Eddy Etaeta n’est pas étranger à ce soutien sans borne. Cela attire forcément la sympathie. D’ailleurs, les joueurs de Tahiti ne sont pas dupes. "Ils savent qu’on n'est que des amateurs, des Petits Poucets, des débutants dans la cour des grands", souligne ainsi Simon. "On est les pauvres de la compétition,Tahiti est petit par rapport à ces géants", confirme Marama Vahirua. "Mais avec ce public, on partage également des valeurs…" Et là résident les principales raisons de cette communion.

Car Brésil et Tahiti sont proches à bien des égards. Certes quelque 194 millions d’âmes et plus de 8 millions de km² les séparent, mais les similitudes  se comptent également en millions. "En arrivant ici, on a mieux compris à quel point nous partagions la même approche de la vie", résume d’ailleurs Roche avant de s’aventurer dans les détails : "On essaie de jouer avec humilité, avec notre cœur. Les Brésiliens apprécient le fait de nous voir donner tout ce que nous avons de façon aussi sincère. On a des valeurs culturelles et sociales en commun, l’amour de la musique, de la plage. Le style de vie un peu particulier nous relie aussi."

Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Il y a quatre ans, lorsque Lionel Charbonnier a pris les commandes de la sélection U-20 qui s’est qualifiée pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Égypte 2009, celui-ci a dû particulièrement s’adapter, en "pensant brésilien" selon les propres termes du champion du monde 98 : "Leur façon de penser, leur apparence, le climat, l’environnement, c’est presque comme au Brésil. Ils aiment s’amuser en faisant leur travail. Vous devez donc respecter leur culture si vous voulez en tirer le meilleur" avait-il ainsi confié au micro de FIFA.com.
Maracanã, Copacabana, et télénovela
Natif de Papeete, Etatea n’a pas eu ce problème d’acclimatation lorsqu’il a pris les rênes des A, pour les conduire jusqu’au Festival des Champions. Lui qui aime rappeler combien sa femme est une adepte la télénovela brésilienne, il s’est même mis à utiliser le brésilien lors de la conférence d’après-match pour remercier les fans après la défaite face à la Roja 10:0 : "Nous avons remporté une grande victoire. Nous avons gagné le cœur du public. Obrigado !" Steevy Chong-Hue, héros de la finale de Ligue des champions de l’OFC, s’était lui comparé à Neymar, "sans la même technique, bien sûr", avait-il plaisanté.

Et puis comme le Brésil, Tahiti s’apprête à accueillir l’un des tournois FIFA de l’année 2013. La petite île polynésienne organisera effectivement la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA. Une discipline encore une fois indissociable du Brésil, quadruple champion du monde. "Les Brésiliens se retrouvent sans doute dans notre esprit détendu, notre côté festif et notre approche positive du football, comme du Beach Soccer", résumait Vahirua dans les couloirs du Maracanã, à deux pas des plages de Copacabana... berceau du beach soccer.
Et de conclure : "On a toujours cherché à aller de l’avant sans fermer le jeu, je pense que cela a été perçu très positivement. Finalement, on est un peu brésilien dans le sang. C'est ça qu'il doivent ressentir."

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